La relance

La relance

Faire démarrer le voilier ou le relancer après une manœuvre (virement ou empannage) sont deux situations fréquentes en régate. C’est souvent par la maîtrise de ces prises de vitesse qu’on marque sa supériorité.

Par vent faible : relance au près

Par vent faible, il faut parfois plusieurs secondes pour se remettre du passage d’une mauvaise vague ou d’un virement raté.

1. La première priorité est de retrouver la vitesse cible correspondant au vent
réel du moment.

Pour acquérir la vitesse cible, on abat d’abord sous la route normale (donc sous le cap cible) pour le vent régnant. Si le plan antidérive est faible comme le 470, il nous faut un minimum de vitesse pour être calé sur la route. On parle de «relance basse» si on est contraint de «plonger» nettement pour retrouver cette vitesse

2. Ensuite, la valeur du cap suit l’amélioration du vent apparent au travers du gain de vitesse. L’état de la mer et les qualités du 470 (ainsi que le voisinage d’autres bateaux) sont à prendre en compte.

3. La valeur du braquage des voiles est très importante en relance. Sur un 470, le foc un rôle primordial. C’est elle qui «accroche» le vent

Avec un 470 est en effet possible de «tricher» pour gagner plus vite les nouvelles cibles. Après l’avoir laissé gîter le et choqué l’écou­te, on redresse le bateau tout en bordant et en donnant au besoin un petit coup de lof

Ces actions favorisent l’accélération de l’écoule­ment sur la voile et mettent la vitesse et le cap du voilier plus rapidement fil du vent. Au près, par vent faible et instable, nous pouvons ainsi adopter une route légèrement sinueuse : route abattue, bateau légèrement gîté et voiles «lâches» dans les calmes ; route relofée, bateau redressé et voiles rebordées dans un vent plus fort.

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Par vent faible : relance au portant

Au vent arrière par vent faible, les angles de descente ne sont pas très favorables. Pour autant, il est possible qu’on ait à lofer et à border encore d’avantage pour lancer le voilier. C’est notamment le cas lors de l’arrivée imminente d’une légère risée. Ce faisant, on acquiert la vitesse permettant de profiter au mieux de ce vent plus frais dès qu’il touche le voilier. Si le vent est particulièrement faible, il peut être nécessaire de monter jusqu’au vent de travers pour ensuite, bien lancé et redescendre. Il faut bien appréhen­der la progression de la risée pour se dérouter au bon moment : ni trop tôt (ça allonge la route), ni trop tard (la vitesse acquise demeure insuffisante au moment de l’impact de la risée.

Par vent fort : relance au près

1. Par vent fort, la priorité en relance est de maintenir le bateau parfaitement dans ses lignes  et ceci, quelle que soit l’allure . Le 470 demande de rester bien à plat. Il est même souvent favorable de partir avec une excédent de rappel (donc une légère contre-gîte) pour absorber la survente.

2.  La seconde préoccupation concerne le juste dosage de puissance vélique compatible avec la gîte. Pour ne pas risquer de se trouver en surpuissance, les voiles sont d’abord placées à faible incidence, en bas de leurs plages fines. Levoilier étant orienté au dessous du cap cible, les voiles sont débordées à la limite du faseyement pour ensuite être reprises, en fonction des gains de vitesse ou de cap. Si nous sommes au-dessus du cap cible, les voiles sont normalement bor­dées et on abat avec précaution pour ne pas dépasser l’incidence de surcharge.

(Texte inspiré du livre “Les voiles, comprendre, régler, optimiser de Bertrand Chéret)

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Empanage

L’empannage

Suivant la force du vent, l’empannage de la grand-voile peut accompagner celui du spi en ramenant en même temps les deux voiles vers l’axe de route du voilier, on maintient le centre de poussée au-des­sus du centre de carène et on évite les coups de lof.

Les priorités.

nous avons deux priorités :

Le respect de l’assiette.

  • L’orientation de la carène suivant la direction de la force vélique. On ne peut correctement empanner que si le bateau est bien dans ses lignes. Comme nous l’avons vu, le déséquilibre peut venir d’un couple de lof, d’une force vélique mal orientée ou des vagues.

La procédure.

  • Donner un léger coup de lof pour stabiliser le 470 et, éventuellement, lui procurer un surcroît de vitesse.
  • Brasser largement le spi, ce qui fait abattre le 470 et l’amène vers la fausse-panne.
  • Mollir le bras, juste assez pour supprimer la pression sur le tangon
  • Décrocher alors le tangon.
  • Le spi, maintenant libre, porte.
  • Empanner la grand-voile.
  • Placer le tangon sur la nouvelle amure.
  • Compte tenu de la force du vent, le changement d’angle d’une allure sur l’autre est faible. Le barreur garde toute sa concentration pour orienter sa carène par rapport à la force vélique.

La bonne trajectoire est celle qui suit l’orientation de la force vélique. L’équipier chargé du tangon doit être plus habile que physique. Il ne peut à lui seul lutter contre les éléments. La responsabilité d’un empannage réussi vient du barreur. Le réglage des écoutes doit se faire au bon rythme et suivant de justes dosages.

  • Si le bateau gîte, il faut abattre.
  • Si le bateau contre-gîte, il faut lofer.
  • En bref, poussez le bateau du côté où veut aller le mât !

La relance.

Le barreur doit se concentrer à placer le bateau pour qu’il offre le moins de résistan­ce possible à la première poussée de la voile qui succédera à la manœuvre. Ainsi, en sortie d’empannage, on se retrouve normalement proche de la fausse panne, dans une situation instable. Pour retrouver une allure plus paisible, le barreur peut lofer très légèrement et avec précaution.

Sur un dériveur en double, par fort vent, le barreur se concentre principalement sur la conduite du voilier, dont il doit préserver l’assiette et la trajectoire.

(Texte inspiré du livre “Les voiles, comprendre, régler, optimiser de Bertrand Chéret)

Virement Bascule

Le virement bascule

Sur un 470, on améliore nettement le changement d’amure par un «virement bascule». A l’approche du virement, on favorise d’abord la gîte du voilier, tout en abattant légèrement voiles ouvertes. En basculant sèchement le voilier vers l’intérieur du virage, on augmente et on fait adonner artificiellement le vent apparent (gain de puissance des voiles).

En même temps, on borde la grand-voile : le bateau devient ardent et monte de lui-même dans le vent. La rotation augmente l’adonnante et la survitesse d’écoulement autour du foc, déjà engagée par la bascule.

Cette bascule aide aussi la carène à virer, à glisser sur l’eau. Elle peut être telle que le 470 se retrouve à la contre-gîte alors qu’il passe le lit du vent – donc déjà gîté sur la nouvelle amure. On sort un peu bas, avec les voiles légèrement débordées. La relance se fait en redressant le voilier, en lofant et en bordant les voiles.

Le safran, lors de la montée dans le vent, accompagne simplement la rotation, sans la forcer. On donne juste un petit coup de barre au moment de passer le lit du vent, et un autre pour limiter la rotation. Le braquage du safran pour faire abattre le voilier vers sa nouvelle amure est fonction de la rotation souhaitée. Sur un dériveur léger, lors du passage du lit du vent, le braquage du safran n’est pas négligeable : en le ramenant vivement dans l’axe, on contribue à la propulsion et à la relance.

La bascule est toujours un apport favorable au virement. Bien exécutée, cette manœuvre peut vous faire progresser au vent sur le parcours d’où l’interdiction de sa répétition systématique).

(Texte inspiré du livre “Les voiles, comprendre, régler, optimiser de Bertrand Chéret)

Ralentir

Ralentir avec la carène

En augmentant la traînée de carène, on ralentit le voilier.

  • En plaçant le 470 hors de ses lignes les plus favorables : en travers de la route, en provoquant une dérive ou  en donnant une gîte excessive. Une rotation brutale place la carène par le travers de la route. Sur un 470, dérive relevée, le problème est moindre, mais le dérapage devient plus important.

Ralentir avec les voiles

  1. Au près
  • En jouant sur le volume. Donner du volume augmente la puissance, mais génère aussi de la tramée. Inversement, diminuer la puissance peut, en d’autres circonstances réduire la force propulsive. La réduction d’incidence est obtenue soit en lofant, soit en choquant la voile. Les deux actions conjuguées donnent le résultat le plus efficace.Si on mollit l’écoute la voile vrille et déverse. Le haut de la voile est  à la fois plus ouvert et affiné.

  • Mettre le foc à contre. L’incidence est telle que, non seulement l’écoulement se trouve entièrement décollé de l’extrados, mais en plus, la force vélique se trouve orientée en latéral arrière. Le foc freine et fait abattre. Pour corriger l’abattée, on lofe fortement, ce qui augmente encore le frein.

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2.AU LARGUE

Nous naviguons toujours en finesse. Pour freiner, nous avons à notre disposition les même recettes qu’au près, avec quelques nuances toutefois.

  • En lofant, vous provoquez dans un premier temps une adonnante favorisant la puissance du foc. Au lieu d’un ralentissement, vous obtenez d’abord un surcroît de vitesse.
  • En choquant de l’écoute, il faut aussi se méfier. En réduisant l’incidence par l’ouverture de la voile, on affaiblit sa force vélique mais, dans le même temps, on l’oriente plus favorablement vers l’avant.
  • Donc, au vent de travers, il faut arriver au faseyement de la voile pour vraiment ralentir
  • Une autre solution consiste à border la voile pour rompre l’écoulement
(Texte inspiré du livre « Les voiles, comprendre, régler, optimiser de Bertrand Chéret)

Virement de bord

Vidéo faite à Brest lors d’un Entrainement:

Lancement

Les 20 secondes qui vont tout changer …

Vous êtes content de votre trou sous le vent et vous avez confiance en votre positionnement par rapport a la ligne. Pile dessus, légèrement dessous, impossible de le savoir sans repères. Des repères vous en avez plus depuis une bonne minute, car vous ne voyez plus les extrémités de la ligne.

Ce n’es pas vraiment un problème. le départ en grosse flotte se joue moins sur la longueur que vous allez grappiller par rapport à la ligne, que sur la façon dont vous sortirez du paquet de bateaux qui vous entourent. Votre objectif a cet instant, c’est d’aller plus vite que c’est bateaux, en tout cas moins vite qu’eux.

J’ai trouvé un truc récemment qui peut vous aider? c’est un jeu subtil, vous m’en direz ce que vous en pensez. Il consiste à se situer légèrement en retrait des bateaux autour de 20/30sec. Avancer sur le paquet de bateaux a la même vitesse, puis utiliser votre trou pour lancer avant tout le monde. Vous rattrapez le petit retard que vous avez sur vos adversaires dans les 10 dernières secondes. Vous serrez plus rapide au moment du coup de canon et sur la même ligne de gain au vent que vos camarades. Ce qui vous assure l’impunité en cas d’OCS, puisque caché au moment du top départ.

« Texte inspiré du cahier des régates n°84 Mars 2004 »

Empannage

Empannage dans le petit temps à Brest lors d’un entrainement.